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Nouveau propriétaire et nouvelles
ambitions pour le club azuréen.
Fin janvier, Michel Scotto et Jean-Claude
Lahiner, anciens actionnaires majo¬ritaires,
ont vendu leurs actions à Saïd
Fakhri, riche industriel franco-libanais
installé au Sénégal
qui a déboursé 3 M€
dans l'opération. La première
action des repreneurs a été
d'obtenir l'autorisation de recrutement
avant la fin du mercato. Feu vert
en poche, Patrice Carteron n'avait
plus qu'à sortir sa liste de
prétendants, qui n'ont pas
tardé à rejoindre le
vestiaire de Coubertin, à l'instar
du défenseur marseillais Pape
Daouda M'Bow, vingt ans, et des deux
attaquants Abdellah Khar¬bouchi,
du Havre, vingt-huit ans, et Stéphane
Vincent, vingt-deux ans, formé
à Saint-Etienne et prêté
à Gueugnon la saison dernière.
Pour expliquer le retard pris à
l'allumage de cette transaction, Saïd
Fakhri, soixante-douze ans, a joué
franc jeu : « Si on a pris notre
temps et privé tout le monde
d'informations, c'était d'abord
pour que tout soit fait dans la transparence.
» Le vice-président du
conseil de surveillance del'OM et
ami proche de Robert Louis-Dreyfus
a donc levé le voile sur trois
mois de négociations difficiles
complétées par deux
audits, comptable et juridique, avant
de présenter son pro jet sportif.
« On a choisi Cannes car c'est
un club au passé glorieux.
C'est l'âme d'une ville mondialement
reconnue. Et puis n'oublions pas que
les plus grands sont passés
par son centre de formation (NDLR
: Zidane, Micoud,Vieira, Frey, Faubert,
Clichy...). La mission est délicate,
mais, dans notre famille, nous aimons
les challenges et nous avons surtout
la passion du football. »

Confiance en Carteron.
Pour sa première soirée
officielle dans la loge présidentielle,
le clan Fakhri (Saïd le père,
Ziad le fils cadet, vingt sept ans,
nommé président du conseil
d'administration, et Xavier Nielsen,
nouveau directeur général
délégué) a déjà
reçu comme cadeau de bienvenue
une belle victoire face à Beauvais
(3-0, zie journée). Le lendemain
fut moins festif, car un tout autre
match attendait le nouveau trio de
dirigeants, face à la DNCG.
« On avait l'impression de passer
devant un tribunal, expliquera Saïd
Fakhri. Il a même fallu que
j'explique pourquoi la France m'avait
fait l'honneur de me remettre la Légion
d'honneur en décembre 1999...
La France est la seule qui dispose
d'une Direction nationale de contrôle
et de gestion. C'est bien pour éviter
les dérapages. Toutefois, il
faudrait que la DNCG soit officialisée
dans tous les pays. »
Les Fakhri affirment également
qu'ils ne s'offrent pas l'AS Cannes
par simple caprice et encore moins
pour faire des affaires dans la région.
Saïd Fakhri aime le football,
et son par¬cours le prouve. Vice-président
pen¬dant quatre ans, puis président
de la Fédération du
Sénégal, vice-président
du conseil de surveillance de l'OM
depuis la prise de pouvoir de Robert
Louis-Dreyfus, en 1996, le nouvel
argentier cannois arrive avec de sérieuses
connaissances et des moyens qui pourraient
permettre au club cannois d'accéder
rapidement à la Ligue 2. Les
clés du club sont dés¬ormais
dans les mains de Ziad Fakhri et de
Xavier Nielsen, sous surveillance
du « père ». Quant
au staff technique conduit par Patrice
Carteron, il a reçu toute la
confiance de la nouvelle équipe
pour amener le groupe jusqu'en L2.
Peut-être même dès
cette saison. Avant, paraît-il,
de se fixer pour objectif de retrouver
carrément l'élite ...
CORRESPONDANCE KATHERINE NATTON
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